Actualité des livres de géographie & de géopolitique • Le blog de la Librairie La GéoGraphie

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Les géographies, dit le géographe, sont les livres les plus sérieux de tous les livres. Elles ne se démodent jamais. Il est très rare qu’une montagne change de place. Il est très rare qu'un océan se vide de son eau. Nous écrivons des choses éternelles.
Antoine de Saint Exupéry. Le Petit Prince

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jeudi 18 juillet 2013

Approcher la période soviétique par le biais de l'archéologie

Taline Ter Minassian
Patrimoine & Architecture dans les États post-soviétiques

Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2013. 320 pages, 17,6 x 25 cm, broché.

Un temple romain dressé au bord d'un précipice, l'ensemble du Registan à Samarcande, un domaine aristocratique dans les environs de Moscou, des statues soviétiques retrouvées dans la glacière d'un ancien château du Val d'Oise, le palais des cérémonies à Tbilissi... autant d'édifices et de monuments sans relation apparente de période ou de style - la liste n'est pas exhaustive - qui se conjuguent pour évoquer la question du patrimoine dans l'espace post-soviétique. Entre identités nationales et héritages de la « civilisation soviétique », l'épistémologie du patrimoine dans les États post-soviétiques est un thème rarement abordé. Le présent volume issu de contributions rassemblées au cours de deux journées d'études organisées en 2011 par l'Observatoire des États post-soviétiques de l'INALCO (équipe CREE) pose des jalons en identifiant quelques objets de patrimoine et les conceptions qui présidèrent successivement ou alternativement à leur destruction, à leur restauration, à leur valorisation et à leur reconstruction.

Qu'on l'aborde sous l'angle de l'histoire, de l'archéologie, de l'anthropologie, des techniques de restauration, de la photographie ou de l'architecture, la mise en patrimoine se pose-t-elle en termes spécifiques dans le vaste territoire qui de la Russie à l'Asie centrale, du Caucase aux pays Baltes, constituait autrefois « l'Empire soviétique » ? Quelles étaient les techniques de restauration et de conservation du patrimoine archéologique en Russie, au Caucase ou en Asie centrale ? Quelles en étaient les finalités politiques, économiques et esthétiques ? Dans quelle mesure ces pratiques demeurent-elles toujours d'actualité ? Ce livre, qui traite des enjeux contemporains du patrimoine archéologique, s'intéresse également au statut patrimonial des monuments et de l'architecture soviétiques. 

Vingt ans après la chute de l'URSS (1991) peut-on approcher la période soviétique par le biais de l'archéologie ? De la conception soviétique du patrimoine à la formation d'un patrimoine soviétique, cet ouvrage ouvre ainsi la voie à une lecture des références de l'architecture post-soviétique.

Taline Ter Minassian est professeur à l'Institut National des Langues et des Civilisations Orientales (Paris) et co-directrice de l'Observatoire des États post-soviétiques (équipe CREE).

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mercredi 19 juin 2013

Enquête sur le "Yiddishland" de Staline

Anne Nivat
La République juive de Staline
Paris, Fayard, 2013. 366 pages, 13,5 x 21,5 cm, broché.


Au lendemain de la révolution bolchevique, bien avant la création d'Israël, Staline prend la décision (rendue officielle en 1934) de créer une entité territoriale pour les juifs en URSS : ce sera le Birobidjan, à la frontière chinoise. Il est aujourd'hui difficile de se représenter les espoirs soulevés par cette promesse d'un "Yiddishland" pour les populations juives libérées des contraintes de la Russie tsariste et d'un passé de confinement et de pogroms.

La révolution bolchevique pensait-elle alors avoir trouvé une solution à son "problème juif", difficilement compatible avec la conception léniniste des nationalités ? Ce territoire autonome où le yiddish avait été choisi comme langue nationale (avec le russe), existe toujours au fin fond de l'Extrême-Orient russe. L'identité juive s'y perpétue-t-elle encore? Pour tenter de mesurer l'ampleur du "projet Birobidjan" et ses traces plus de vingt ans après la dislocation de l'Union soviétique, Anne Nivat a longuement enquêté sur place, mais aussi en Israël où elle s'est introduite chez des Birobidjanais émigrés, ainsi que dans le nord de la Chine vers laquelle les autochtones se tournent toujours davantage...

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