Actualité des livres de géographie & de géopolitique • Le blog de la Librairie La GéoGraphie

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Les géographies, dit le géographe, sont les livres les plus sérieux de tous les livres. Elles ne se démodent jamais. Il est très rare qu’une montagne change de place. Il est très rare qu'un océan se vide de son eau. Nous écrivons des choses éternelles.
Antoine de Saint Exupéry. Le Petit Prince

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mercredi 24 avril 2013

Moyen-Orient n°18


Moyen-Orient n°18
Irak
Dix ans après Saddam
Paris, AREION Group, 2013. 100 pages, 23 x 30 cm, broché.


En avril 2012, les comédiens du Théâtre National de Bagdad ont joué devant une salle comble. Ils interprétaient une adaptation irakienne de Roméo et Juliette, de William Shakespeare. Roméo est chiite, Juliette sunnite. Ils s’aiment, mais ils résident dans une cité déchirée par les préjugés et ravagée par les conflits confessionnels. Cette initiative artistique est une petite lueur d’espoir, de réflexion citoyenne, dans un État détruit qui laisse peu de place à l’optimisme. Dix ans après la chute de Saddam Hussein, la situation politique, économique et sociale est catastrophique. Certes, les attentats sont moins nombreux que dans les années 2000 et les rues des grandes villes ont retrouvé une certaine « tranquillité ». Et il serait naïf de penser que les temps de la dictature baasiste, l’une des plus violentes du XXe siècle, sont regardés avec nostalgie. 

D’abord le constat : le quotidien de la population n’a guère changé, les principales infrastructures de base (santé, éducation, eau, etc.) n’ayant pas été reconstruites, et ce, en dépit d’une immense richesse pétrolière. En mars 2003, devant les télévisions du monde entier, George W. Bush promettait aux Irakiens la « libération » de leur pays, la « fin de la tyrannie ». Son successeur, Barack Obama, s’inquiétait du vide sécuritaire laissé après le retrait des militaires étrangers en décembre 2011. Dans les deux cas, c’était mal connaître l’Irak, son histoire politique et sa société. L’ancienne Mésopotamie s’est édifiée en république autour d’un consensus entre les grandes communautés (chiites, sunnites et kurdes). Ce dernier a volé en éclats, laissant place à des luttes de pouvoir sans aucune dynamique fédérative, à des instincts sectaires (religieux, tribaux) et au maintien de l’autoritarisme. 

Puis la réflexion : en 2013, il est peut-être trop tôt pour savoir si l’Irak a été « libéré », comme s’il fallait attendre encore des années avant de comprendre les conséquences de l’invasion américaine, voire des décennies pour laisser aux Irakiens une chance de renaître en tant que nation. L’objet du dossier de ce numéro n’est pas de tomber trop vite dans un pessimisme obligeant à regarder l’Irak comme un pays éternellement en guerre qui sombrerait dans l’oubli ou l’indifférence, mais de réfléchir sur un État clé du Moyen-Orient dont la stabilité intérieure influence l’ensemble de la région, sur une société qui s’interroge sur sa citoyenneté et attend, enfin, son propre « printemps ».

Au sommaire :

Regard d’Alain Dieckhoff sur la politique intérieure israélienne

Dossier Irak

L’Irak post-Saddam Hussein : un nouveau régime autoritaire ? par Gilles Chenève

Repères politique : Anatomie de l’imbroglio politique irakien par Karim Sader

Un pays à la recherche de ses identités par Pierre-Jean Luizard

La société civile ou l’introuvable « printemps irakien » par Fanny Lafourcade et Hameed Nasser

« Les Irakiennes ont besoin de sécurité » Entretien avec Haifa Zangana

Stratégies communautaires et politiques : le cas de Kirkouk par Arthur Quesnay

Le pétrole : bénédiction ou malédiction pour les Irakiens ? par Myriam Benraad

Bagdad, menace sur le patrimoine urbain par Caecilia Pieri

L’armée irakienne, un outil au service de la stratégie américaine par Hélène Caylus

Géopolitique

Féminisme islamique : un oxymore ? par Zahra Ali

Les disciples de Fethullah Gülen par Tancrède Josseran

Le Sahara, désert habité et terre de passage par Bruno Lecoquierre

Villes

Entre destructions et reconstructions : Beyrouth, capitale du Liban par Liliane Buccianti-Barakat


Commande : 10,95 €

mardi 6 janvier 2009

L'atlas du Liban est arrivé

L'atlas du Liban est disponible à la Librairie La GéoGraphie. Ce remarquable travail valait bien la peine de patienter !

Éric Verdeil & Ghaleb Faour & Sébastien Velut
Atlas du Liban

Beyrouth, IFPO/CNRS Liban, 2007. 208 pages, 22 x 27,5 cm, broché. - ISBN : 9782351590539

Offrir une vision nouvelle du territoire libanais et mettre en évidence ses transformations depuis une trentaine d’années : tel est le projet de cet atlas, produit d’une collaboration franco-libanaise. L’ouvrage repose sur une large collecte d’informations spatialisées à une échelle fine ; sa cartographie riche et inédite permet d’appréhender les dynamiques complexes à l’œuvre dans un pays qui, souvent, semble défier la compréhension.
C’est donc une lecture originale du territoire libanais qui est proposée, indissociable d’une réflexion sur l’insertion du Liban dans la mondialisation et l’évolution de son rôle dans l’ensemble moyen-oriental. Les troubles qui secouent le Liban depuis 2005 sont une nouvelle expression de sa situation de nœud des tensions régionales et des difficultés que rencontre sa construction nationale et étatique.

La période de la guerre et celle de la reconstruction ont provoqué des mutations territoriales majeures : déplacements de population, urbanisation, dégradation de l’environnement, réorganisation de l’économie. Beyrouth, divisée et endommagée par la guerre civile, a été largement reconstruite et sa domination sur l’économie du pays s’est renforcée.

Mais les clivages régionaux, signes de la différenciation socio-économique et des divisions confessionnelles, marquent toujours l’organisation du pays, constituant un facteur persistant de la fragmentation politique, que l’émergence récente de nouvelles collectivités territoriales n’a pas contrecarré.

La guerre de l’été 2006, dont cet atlas présente un bilan cartographique, illustre la fragilité du pays, pris dans des calculs géopolitiques qui le dépassent et obligent ses gouvernants comme ses habitants à reconstruire sans cesse leurs territoires.

Éric Verdeil est géographe, chercheur au CNRS (UMR Environnement Ville Société), à Lyon, et a travaillé plusieurs années à l'IFPO à Beyrouth.

Ghaleb Faour est spécialiste en imagerie et système d'information géographique au centre national de télédétection du CNRS-Liban.

Sébastien Velut est géographe, chercheur à l'IRD et spécialiste de l'étude du développement dans les pays du sud.

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