Actualité des livres de géographie & de géopolitique • Le blog de la Librairie La GéoGraphie

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Les géographies, dit le géographe, sont les livres les plus sérieux de tous les livres. Elles ne se démodent jamais. Il est très rare qu’une montagne change de place. Il est très rare qu'un océan se vide de son eau. Nous écrivons des choses éternelles.
Antoine de Saint Exupéry. Le Petit Prince

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samedi 1 juin 2013

Elisée Reclus et les Etats-Unis


Ronald Creagh
Elisée Reclus et les Etats-Unis - Suivi de son "Fragment d'un voyage à La Nouvelle-Orléans (1855)"
Paris, Noir et Rouge, 2013. 21 x 29,7 cm, 70 pages, broché.


Les États-Unis d'Amérique ont été un miroir où, de Saint-John de Crèvecœur et Alexis de Tocqueville à Simone de Beauvoir, les Français se regardent. Curieusement, américanistes et politologues ont oublié le géographe français qui entreprit l'étude la plus importante sur le sujet, et dont l'impact fut international : le géographe Élisée Reclus, qui connaît de nos jours un singulier retour.
L'étude de cette géographie vivante, d'une beauté impertinente, va plus loin. Elle révèle aussi la naissance d'une vocation, c'est-à-dire ici comment on devient géographe, et même géographe passionné de la nature, de la fraternité humaine, ouvert sur le grand théâtre de l'univers.
Élisée Reclus a écrit énormément, il a décrit l'ensemble de la Terre dans sa Nouvelle Géographie universelle. Mais les États-Unis ont occupé une place éminente dans sa vie : jeune homme, il s'est rendu en Louisiane, qui a sans doute été une source importante de ses jugements ultérieurs. Et le récit de son voyage sur un voilier, en 1852, est ensorceleur : on ne pouvait pas ne pas l'ajouter au présent ouvrage.
Les articles de Karl Marx, sur la guerre de Sécession, ont souvent été étudiés ; il n'en est pas de même pour ceux de Reclus, parus dans la prestigieuse Revue des Deux Mondes. Ses analyses lui attirèrent les compliments de l'ambassadeur des États-Unis, envoyé en France par le Président Abraham Lincoln. La comparaison entre Marx et Reclus est particulièrement instructive sur la différence des regards que l'on peut porter en géopolitique.
Enfin, vers la fin de sa vie, Reclus retourna aux États-Unis, pour préparer le volume XVI de sa Géographie. Son regard encyclopédique révélait à l'époque, et même encore de nos jours, des aspects et des enjeux trop peu connus sur l'essor de cette puissance mondiale.
Parler, à la fin des années 1880, des « Afro-Américains » et annoncer l'hispanisation des États-Unis n'était pas donné à tout le monde...
Ronald Creagh a enseigné la civilisation des États-Unis à l'université Paul-Valéry à Montpellier. Il est membre de l'équipe de la revue Réfractions et anime le site web « Recherche sur l'anarchisme ».

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jeudi 23 mai 2013

Les liens entre géographie et anarchie


Philippe Pelletier
Géographie et anarchie 
Reclus, Kropotkine, Metchnikoff
Paris, Monde Libertaire, 2013. 636 pages, 14 x 21 cm, broché.


Pourquoi trouve-t-on plusieurs géographes parmi les théoriciens du mouvement anarchiste constitué au cours des années 1880, à la suite de la Première Internationale ? 

Godwin, Proudhon ou Bakounine offrent déjà des réflexions sociologiques et politiques mais aussi spatiales à travers la question du fédéralisme libertaire, des nationalités ou de la démographie. La géographie d’Élisée Reclus est déjà bien étudiée par plusieurs spécialistes, mais il fallait approfondir ses rapports avec l’anarchie. Philippe Pelletier se propose de le faire, en l’élargissant à la pensée de ses amis anarchistes et géographes qu’étaient Pierre Kropotkine et Léon Metchnikoff. 

Contrairement à la théorie marxiste qui préfère l’histoire ou l’économie, une logique commune relie la géographie et l’anarchie. Il ne s’agit pas de soumettre l’une à l’autre, et réciproquement, mais de réfléchir librement sur ce qui les anime et les rapproche : une vision du monde et des peuples, la compréhension de l’Ailleurs, la reconnaissance des besoins humains et des ressources, l’aménagement du territoire, la commune et le fédéralisme, la poésie et le paysage, le rapport à la nature, et la confrontation avec l’écologie. 

Abordant de façon critique le marxisme et l’écologisme, sans céder au prêt à penser scientifique ou politique, ce livre donne des outils de réflexion et d’expériences historiques pour libérer les espaces de toute domination.



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